Membre du réseau national Biocoop, Le Fenouil est une coopérative mancelle qui a récemment ouvert son quatrième magasin bio, en plein centre-ville.

À l’heure où les « manger équilibré » et « consommer responsable » pleuvent de toutes parts, Biocoop et ses 463 magasins recouvrant le territoire français font figure de précurseurs. Rien d’étonnant pour une initiative qui a soufflé sa trentième bougie l’an dernier, et qui a joué la carte, depuis le début, du développement de l’agriculture biologique. « Biocoop est un réseau et non une franchise », nous prévient d’entrée Frédérique Carlier, directrice du Fenouil Biocoop, au Mans. « Chaque magasin du réseau a sa propre autonomie, mais s’inscrit dans le respect d’une charte conçue dans un esprit d’équité et de coopération. » Dans ce cahier des charges, il est notamment question de critères écologiques. Des engagements clairs qui s’accompagnent de gestes forts. « La saisonnalité des produits vendus est stricte. Vous ne trouverez pas de tomates en hiver dans les magasins Biocoop. » Dans le même sens, aucun produit vendu au sein du réseau ne prend l’avion. Le commerce équitable est une priorité. Le vrac, aussi. Et depuis peu, il n’y a plus de bouteilles d’eau dans les rayons estampillés Biocoop. Mais les critères prennent également en compte la dimension sociale du projet. Les CDI sont ainsi privilégiés et les revenus des employés sont positionnés au-dessus du SMIC. « Nous défendons une réelle qualité de vie au travail. »

À l’échelle locale, ça donne quoi ?

Jusqu’au mois de mai, Le Mans comptait trois magasins Le Fenouil Biocoop. Tous dans l’agglomération. Sargé, Université et Ruaudin. Les 17 000 coopérateurs manceaux peuvent désormais compter sur un quatrième emplacement, en plein centre-ville du Mans, à deux pas de la Place République. « Il nous manquait un magasin plus ciblé centre-ville pour que nos consommateurs puissent venir faire leurs courses à pied », souligne Frédérique Carlier. « Le panier moyen des consommateurs est plus petit que sur les autres magasins, mais la fréquentation y est plus importante. » Mieux, Le Fenouil République et ses 220 m² de surface disposent d’une cour intérieure, où s’installent les travailleurs des alentours pour déjeuner les soupes, sandwichs et salades préparés par l’espace snacking du magasin. Au menu : tarte au brocoli vegan, foccacia poireaux-chèvre, soupe de courge butternut, patate douce et noix, ou encore fondant au chocolat sans gluten. Bien sûr, le tout est fait maison et est labellisé bio. Au tarif d’un ticket restaurant. « Il s’agit d’une proposition qui attire de nouveaux coopérateurs ne connaissant pas bien le bio », d’après la directrice de Fenouil Biocoop.

Mais comment devient-on coopérateur ? Il faut l’avouer, c’est assez simple. D’abord, il faut renseigner un coupon d’inscription qui détaille la démarche du leader de la distribution alimentaire biologique. Puis, pour adhérer au capital de la coopérative à vie, 24 € sont demandés. Une somme remboursable sur demande. La carte d’adhérent permet ensuite au consommateur-coopérateur de bénéficier de 5 % de remise sur ses achats. Mais également de participer à l’Assemblée Générale annuelle de la coopérative, d’être élu ou d’élire les membres du Conseil de Surveillance. Car « c’est surtout une part sociale qu’achètent les coopérateurs. » À noter que les magasins Biocoop restent ouverts aux consommateurs non coopérateurs.

Sur les douze derniers mois, neuf Français sur dix ont consommé bio. Les raisons sont multiples. En premier lieu, pour la santé. L’environnement et la qualité du goût suivent de près. Face à ce marché en pleine croissance, il semblerait bien que le réseau Biocoop ait une longueur d’avance sur ces principaux concurrents. L’application de taux de marge limités au sein de son réseau de distribution le place même hors de comparaison.

Ismaël Martin

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