Mois de l’ESS 2020, portrait #5 : découvrez Bout’ à Bout’ !

L’association Bout’ à Bout’ est née en 2016 de la volonté de réduire l’impact environnemental de nos bouteilles en verre. Elle vise à développer une filière régionale de réemploi de ces contenants, comme alternative à leur recyclage, qui reste énergivore. Outre ses valeurs écologiques, Bout’ à Bout’ promeut un modèle d’économie relocalisée favorisant les producteurs de notre territoire, l’emploi local et la coopération entre les acteurs.

L’association, qui préfigure une coopérative, compte aujourd’hui 2 salariés (bientôt 4), plusieurs prestataires réguliers, 3 bénévoles au long cours et une dizaine de bénévoles ponctuels.

Au départ, il a fallu tester un marché encore très incertain en 2016, identifier les différents freins (techniques, organisationnels et psychologiques), mais aussi les conditions de succès et les chantiers à mener pour relancer une filière qui avait alors quasiment disparu.

Répondant au souhait des acteurs de produire et consommer de manière responsable, Bout’ à Bout’ a alors mis en œuvre différentes actions pour structurer et développer cette filière :

  • la mobilisation des parties prenantes clés de la chaîne de valeur, la coopération entre ces acteurs pour créer des solutions techniques et organisationnelles, puis la sécurisation de ces solutions (cahiers des charges, labels) ;
  • l’accompagnement des producteurs dans les adaptations nécessaires ;
  • la création d’une offre logistique de collecte mutualisée “clé en main”, réalisée par des acteurs de l’insertion, avec le double intérêt de limiter l’impact du transport grâce à la mutualisation et de lever un gros frein pour les producteurs ;
  • l’information et la sensibilisation des consommateurs, via une communication sur les bouteilles, les lieux de vente, les réseaux sociaux, dans les médias, les événements, etc.
Prévisions en termes d’emploi

2022 : 12 ETP dont 9 internes (dont plusieurs en mode « projet » : changement d’échelle, développements) : prévision d’1 million de bouteilles

2025 : 17 ETP dont 9 internes (équipe permanente / contexte d’internalisation du lavage), avec 5 millions de bouteilles réemployées/an

Un système vertueux pour le territoire

La consigne, en redonnant de la valeur à la matière, crée une boucle plus vertueuse de l’économie circulaire qui permet jusqu’à 80 % de réduction des émissions de CO2 par rapport au recyclage.

C’est aussi un enjeu de territoire en matière d’économie locale, car il favorise les producteurs régionaux. En effet, de longs trajets pour relivrer les bouteilles à des producteurs d’autres régions n’auraient pas d’intérêt économique, c’est donc un système qui prend tout son sens et son intérêt en boucle régionale. De plus, le lavage est réalisé sur place, alors qu’il n’existe pas d’usine verrière dans la région. Enfin, Bout’ à Bout’ a recours à des structures de l’insertion en priorité pour la collecte des bouteilles (Envie 44 pour la Loire-Atlantique, Trait d’Union pour la Vendée, Agirec pour le Maine-et-Loire etc…)

 

Une association ancrée dans l’Économie Sociale et Solidaire

Bout’ à Bout’ relève de l’ESS de par sa forme juridique, mais aussi son ADN et ses partenariats. Elle s’inscrit dans l’ESS de par sa volonté de défendre un modèle de filières de consigne régionales ancrées dans leur territoire, qui mutualisent des outils et des fonctions support pour un fonctionnement harmonisé de la consigne en France, mais qui gardent chacune leur autonomie et leur caractère. C’est dans cette optique que Bout’ à Bout’ essaime et partage son expérience de pionniers au sein du Réseau National Consigne.

 » La consigne pour réemploi a toute sa place pour construire le monde de demain : un monde où l’on fonctionne majoritairement en boucles locales, où l’on ne gaspille plus les ressources alors qu’on peut faire autrement, où le critère de l’impact est prioritaire sur celui du coût ou du marketing, où l’emploi local et solidaire reprend une vraie place dans l’économie… Et aujourd’hui, la consigne est littéralement poussée les consommateurs-citoyens : à force d’être réclamée, elle a trouvé un écho auprès des producteurs, même des plus gros industriels. En 4 ans, le contexte a énormément changé, depuis la base de la société, grâce aux citoyens. Cela m’a permis de prendre la mesure de notre pouvoir d’action. »

Céline COUCHÉ, fondatrice de Bout’ à Bout’

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