Le 20 octobre, les 25 premiers associés de la SCIC HAPI’Coop, à Nantes, ont signé les statuts marquant la naissance de cette coopérative d’habitat partagé et inclusif à destination des personnes handicapées et/ou vulnérables, dans un environnement favorisant la mixité et l’inclusion dans la cité.

Différents types d’habitats inclusifs

Lorsqu’on parle d’habitat inclusif, de quoi s’agit-il ? Leïla Thomé, directrice opérationnelle de la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif), détaille les 3 types existants :

« Il y a d’une part les habitats groupés, au sein desquels des personnes en situation de handicap et/ou vulnérables socialement bénéficient d’un logement individuel mais également d’espaces communs partagés avec d’autres résidents avec ou sans handicap, et de services mutualisés. Puis les habitats partagés, qui est une solution moins onéreuse, et qui s’apparente à une forme de colocation, toujours avec le partage d’espaces communs. Enfin, les habitats diffus, pour les personnes ayant besoin d’un accompagnement individuel dans leur accession au logement, mais ne désirant pas nécessairement bénéficier d’espaces partagés. HAPI’Coop s’adapte aux projets individuels, et accompagne de bout en bout les bénéficiaires, en amont, dans le montage des projets, puis durant toute la période de location, et enfin, le cas échéant en fonction de l’évolution des besoins et attentes de la personne, pour la sortie du logement vers une autre solution plus adaptée à sa situation. »

Objectif : rendre l’habitat inclusif accessible au plus grand nombre

La création d’HAPI’Coop répond à un double constat. D’une part, l’augmentation du nombre de personnes vulnérables souhaitant vivre dans leur propre logement mais craignant l’isolement, tout en ayant besoin d’accompagnement spécifique, et d’autre part, le choix très restreint qui s’offre alors à ces personnes : soit vivre en établissement spécialisé, au domicile de leurs proches, ou vivre de manière totalement autonome, mais alors souvent en marge, et sans recours aux droits auxquels elles peuvent prétendre.

« Le contexte démographique actuel est tendu », complète Leïla Thomé, « avec le vieillissement de la population, dans des foyers où ces personnes ont une place attribuée à vie, et en face, des listes d’attente de plusieurs années pour intégrer ces foyers. » La SCIC entend répondre à cette double problématique. « Grâce aux projets immobiliers en propre que nous allons développer, et aux projets que nous allons mener conjointement avec les bailleurs sociaux et privés, nous allons pouvoir démultiplier l’offre locative, et proposer dans le même temps un accompagnement inédit qui favorise l’inclusion et le maintien de l’autonomie de chacun·e », poursuit-elle.

La SCIC pour mutualiser les compétences et rendre les bénéficiaires acteurs du projet

Le choix de la SCIC s’est imposé rapidement au collectif à l’origine du projet, initié par Marc Marhadour, directeur de l’Adapei44 pendant 25 ans et désormais président d’HAPI’Coop. « Nous regroupons des activités très diverses, allant de l’accompagnement médico-social à la gestion immobilière, en passant par les services à domicile, mais aussi des publics pluriels, habitants porteurs de handicap ou non, bénévoles, bailleurs, promoteurs, collectivités locales… Le multisociétariat permet la mutualisation des compétences, et une gouvernance ouverte et partagée entre tous ces acteurs, au bénéfice d’une finalité commune », détaille Leïla Thomé.

Des premières attributions prévues courant 2021

Si la SCIC vise la création de 12 projets d’habitat inclusif à horizon 2024, pour 138 bénéficiaires, elle devrait pouvoir mettre en place ses premières attributions courant 2021.

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