En décembre, le Magazine des Autres Possibles a fait son apparition sur les étals de la presse écrite locale. Le mensuel, engagé et indépendant, se positionne comme l’étendard des innovations durables et solidaires développées sur le territoire Loire-Atlantique.

« On ralentit, on regarde, on prend position pour penser plus loin. » À l’heure de nous esquisser les contours d’un projet éditorial qui a officiellement vu le jour le 9 décembre dernier, Jeanne La Prairie, cofondatrice et directrice de publication du Magazine des Autres Possibles, a les idées bien claires. Il faut dire que ce lancement germe depuis un bout de temps chez celle qui, à 29 ans, a déjà planché pour Les Inrocks, Radio France Internationale, Ça m’intéresse, La Nouvelle République. Après avoir posé ses valises à Nantes, en 2014, la journaliste projette rapidement « d’insérer un nouveau média » à l’échelle locale. Sa rencontre avec la journaliste Marie Bertin et la graphiste Camille Van Haecke, dans un espace de travail partagé du quartier des Olivettes, va considérablement accélérer le processus.

Faire autrement pour un lecteur qui veut autre chose

« C’est parti d’un constat partagé », souligne Jeanne La Prairie. « Redonner du temps aux journalistes, rebattre les cartes dans cette crise de confiance, mettre en lien les acteurs et prendre son temps pour parler des solutions existantes face aux enjeux de société » sont autant d’éléments sur lesquels s’appuie la triplette pour construire les bases du Magazine des Autres Possibles. Le concept est simple. Chaque mois, le magazine proposera des solutions durables et solidaires en lien avec une thématique déterminée par la rédaction et s’appliquant au département. « On va chercher les sujets chez chacun des citoyens. Ce média doit rester le média du lecteur. On s’attache à la mixité des interlocuteurs pour faire entendre des voix à la campagne comme à la ville, des femmes comme des hommes, des vieux comme des jeunes. » Comprendre faire autrement pour un lecteur qui veut autre chose. « On ne veut pas d’étiquette. On peut parler du numérique autant que de l’agriculture biologique. » La forme du support est également soigneusement étudiée. Dépliable à la manière d’une carte routière, le magazine présente : au recto des reportages, enquêtes ou portraits réalisés par des journalistes investis; au verso une carte illustrée par un artiste émergent. « La carte ajoute quelque chose. Il y a cet aspect collection qu’on aime bien. »

Un média indépendant et transparent

Au printemps dernier, l’initiative prend forme via le site de financement participatif européen, Ulule. « Une bonne manière de voir si cela accroche » pour l’équipe fondatrice. Objectif : 6 500 € pour lancer un numéro test et conquérir les premiers abonnés. Parce qu’être indépendant c’est important. Rejetant le modèle de la publicité, le journal compte sur ses lecteurs potentiels pour soutenir les valeurs qui lui sont chères. Solidarité, ouverture, équité, égalité, respect de l’environnement et transparence en premier lieu. Le détail des finances figure d’ailleurs sur le site Internet du magazine. Si les collectivités (Direction régionale du ministère de la culture, ville de Nantes et département de Loire-Atlantique) ont répondu présent financièrement aux sollicitations de l’association Les amis du MAP, ce n’est que pour jouer « un rôle de tremplin », selon Jeanne La Prairie. D’autant plus que, fin juin 2016, le résultat final de la consultation sur la toile s’est avéré plus qu’encourageant. Le projet a récolté quasiment le double de la somme espérée et 200 pré-abonnements ont été vendu ! Le numéro zéro est dévoilé dans la foulée. Titre du dossier : Et si on bossait autrement ? Au menu, des reportages et témoignages portant sur le coworking, l’entreprise libérée et le revenu universel. La formule séduit et l’équipe du Magazine des Autres Possibles s’attelle à la conception du numéro un et ses 3 500 exemplaires dont la sortie est programmée pour la fin de l’année 2016. C’est ainsi que nous avons découvert le Magazine des Autres Possibles premier du nom, en décembre. Avec Manger local, la dizaine de pigistes du mensuel est partie à la rencontre du supermarché participatif Scopéli à Nantes, d’un magasin de producteurs géré par des agriculteurs près de Blain, d’une maraîchère de Gétigné qui associe circuit court et grande surface. L’illustratrice Anne Vanwynsberghe s’est chargée de la face carte.

Une distribution départementale

Deux euros suffisent pour se procurer ce nouveau mensuel départemental. « On ne croit pas à quelque chose de plus cher. Et en même temps, on ne voulait pas le dévaluer. » De Batz-sur-Mer à Clisson en passant par le centre-ville nantais et Nozay, l’équipe se construit petit à petit son propre réseau de distribution en Loire-Atlantique. Pour l’heure, une centaine de lieux (librairies indépendantes, boutiques, bistrots, points de presse classiques…) ont déjà accueilli le Magazine des Autres Possibles. 100 % local, 100 % papier.

Ismaël Martin

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